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Un comptoir de pharmacie en pâte à modeler, des post-it vierges au bord d’un écran gris et l’un d’eux qui descend sous un minuscule parachute orange.
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Post-it au comptoir : pourquoi ils tombent au mauvais moment

Par Kofi31 octobre 20265 min de lecture

Un post-it rappelle à celui qui l’écrit. Il n’informe personne d’autre : il n’a ni destinataire ni date. Il ne tient que par un peu de colle. Il tombe donc au mauvais moment. Une règle de tri en cinq lignes décide de ce qui reste, de ce qui devient une tâche, de ce qui devient une transmission et de ce qu’on jette.

Situation type. Samedi, 11 h 40. Sur le bord de l’écran du comptoir, quatre post-it. Le premier dit « rappeler le labo », sans nom. Le deuxième porte un numéro de téléphone, sans prénom. Le troisième s’est décollé et dort sous le clavier. Le quatrième date de mardi : personne ne sait s’il vaut encore. Une collègue revient de sa pause. Elle ne lit rien, un patient attend.

Personne n’a mal travaillé. Le post-it a fait ce qu’on lui demande : aider celui qui l’a écrit.

Pourquoi un post-it tombe-t-il toujours au mauvais moment ?

Parce qu’il cumule quatre défauts, invisibles au moment de l’écrire :

  • Il ne s’adresse à personne. « Rappeler le labo » ne dit pas qui rappelle.
  • Il n’a pas de date. On ne sait pas s’il vaut encore, ni depuis quand.
  • Il ne se lit que là où il est collé. La collègue de 14 h regarde le patient, pas le bord de l’écran.
  • Il ne tient pas. Un courant d’air, un coup de manche, un clavier qu’on déplace.

Rien de tout cela n’est une faute de celui qui l’écrit. Le post-it est lu quand on le trouve, pas quand il compte.

Faut-il bannir les post-it de l’officine ?

Non. Un post-it reste utile pour un geste personnel, court, du jour même : « vérifier le colis de 15 h », collé là où seul celui qui l’écrit le voit. Un interdit général ne tient pas deux semaines. L’habitude revient par la porte du fond.

Le problème commence quand un post-it demande quelque chose à quelqu’un d’autre, ou quand il dure plus d’une journée. Ces deux cas-là demandent un autre support.

Quelle règle de tri appliquer à chaque post-it ?

Cinq lignes, lues dans l’ordre. La première qui répond décide.

  1. Un nom de patient, un traitement ? Cela ne s’écrit pas sur un post-it. Le suivi du patient reste dans le logiciel de l’officine.
  2. C’est déjà fait ? Le post-it part à la poubelle.
  3. Quelqu’un d’autre doit agir ? Une tâche, avec un prénom et une date.
  4. Toute l’équipe doit le savoir ? Une transmission écrite, avec la liste de ceux qui l’ont lue.
  5. Sinon : il reste à celui qui l’a écrit jusqu’au soir. Le soir, il est jeté ou réécrit.

La ligne 3 est celle qui change le plus de choses. Une action pour un autre, sans prénom ni date, est exactement ce qui se perd. Pour choisir le support des lignes 3 et 4, comparez le cahier de transmission et les outils pour les tâches qui reviennent.

Que peut-on écrire sur un post-it visible du comptoir ?

Rien qui identifie un patient. Le Code de déontologie dit que le secret professionnel couvre tout ce que le pharmacien a vu, entendu ou compris dans l’exercice de sa profession. Il ajoute que le pharmacien s’assure que les personnes placées sous son autorité sont informées de leurs obligations.

Le texte ne parle pas de post-it. Mais un papier collé côté comptoir se lit aussi de l’autre côté.

En pratique : le prénom d’un collègue, le numéro d’un labo, le nom d’un produit à commander, oui. Un patient à recontacter, ni nom, ni initiales, ni traitement. Le suivi se fait dans le logiciel de l’officine, jamais sur un papier ni dans un outil d’équipe.

Que faire des post-it qui traînent déjà ?

Les trier une fois, ensemble, puis garder la règle. Le vendredi à la fermeture, chacun passe ses post-it dans les cinq lignes. Ceux qui restent sans nom ni date sont lus à voix haute le lundi au brief du matin. Quelqu’un le prend, ou il est jeté.

Pas d’annonce d’interdiction. On commence par un seul type de post-it : ceux qui demandent quelque chose à un autre. Quand ceux-là ont changé de support, le reste suit presque seul.

Une consigne écrite se perd aussi ailleurs que sur un bout de papier. L’article sur la consigne écrite perdue détaille les six causes.

Avec Bakofi

Le post-it qui demande une action devient une tâche : on l’assigne à un collègue et on lui donne une date limite, qui passe en orange puis en rouge. L’information pour tous devient une transmission écrite : elle reste visible tant que l’équipe ne l’a pas lue, avec la liste de ceux qui l’ont lue.

Bakofi ne remplace pas le post-it personnel du matin. Il ne gère ni les patients ni les ordonnances : ils restent dans le logiciel de l’officine.

Questions fréquentes

Combien de temps un post-it peut-il rester collé ?

Jusqu’au soir de celui qui l’a écrit. Passé ce délai, il devient une tâche, une transmission ou un déchet. Un post-it qui a dormi une nuit n’informe plus personne.

Peut-on laisser un post-it sur l’écran du comptoir ?

Mieux vaut éviter les écrans et les surfaces visibles de l’autre côté du comptoir. Un post-it personnel se colle côté équipe, sans nom de patient.

Comment faire accepter la règle à toute l’équipe ?

En l’affichant sur une page côté équipe, puis en l’appliquant d’abord aux post-it qui demandent quelque chose à un collègue. L’interdit total fait fuir. Une règle simple, appliquée par tous, tient.

Sources

Le tri des post-it, en cinq lignes

Une page A4, à imprimer et à coller au préparatoire.

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